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Une des principales conseillères techniques d'IntraHealth présente à la conférence sur l'équité en santé

24 Jun 2009

Lesotho posterConstance Newman, Conseillère technique principale d’IntraHealth sur les questions d’égalité des genres et les droits des femmes, a présenté les résultats de trois études ayant trait à ces domaines dans le cadre de la 5ème Conférence de la société internationale pour l’équité en santé qui a eu lieu à Héraklion, sur l’île de Crête, en Grèce, du 9 au 11 juin 2009. Cette conférence, qui s’est déroulée en partenariat avec l’Ecole de santé publique nationale de Grèce et la Société canadienne pour la santé internationale, avait pour thème central les influences sociales et sociétales sur l’équité en santé.

Intitulé « Health Services for Survivors of Gender Violence in Rwanda* », la présentation écrite de Newman s’est fait l’écho d’une évaluation conduite en 2008 par le Programme Twubakane sur la disposition des établissements sanitaires, de l’environnement politico-légal et de la communauté à répondre à la violence à l’égard des femmes (VEF) dans trois districts au Rwanda. La présentation a notamment décrit les obstacles culturels et psychologiques, socioéconomiques et externes, et les barrières structurelles et institutionnelles empêchant l’utilisation des services. Alors que l’attitude positive des prestataires, soucieux du sort des victimes, a été mise en avant au travers de l’enquête, certains problèmes ont aussi été soulevés. Ils englobent notamment le manque de connaissances relatives à la VEF, les compétences et les acquis insuffisants, les carences en termes de protocoles de prestation de services et de matériels d’éducation à l’usage des clients, l’inaccessibilité géographique et financière des services de soins prénatals combinée à leur incapacité à répondre efficacement aux besoins des survivantes, la dépendance économique des femmes engagées dans une relation violente, sans oublier une culture de silence et d’impunité ne faisant que perpétuer la violence. Sur la base de ces résultats, l’étude préconise :

  • Une réponse à tous les niveaux visant aussi bien les politiques en vigueur que les systèmes sanitaires et la communauté
  • Une collaboration multisectorielle entre les établissements sanitaires, la police et les organisations communautaires afin de soutenir les femmes, mettre fin à l’impunité de la violence et accroître l’accès à des services de soins à l’écoute des clientes, à des réseaux de solidarité et de soutien psychosocial, ainsi qu’à la justice et à des ressources économiques productives.

En marge de ces recommandations, l’étude prévoit le développement et la mise en œuvre de modules de formation et de sensibilisation à la VBG ainsi qu’une révision des modes opératoires standards des services de police rwandais.

Newman a aussi présenté, au moyen de deux affiches, les résultats de deux études menées par le Capacity Project : Une sur l’allègement de la charge du VIH/SIDA chez les femmes au Lesotho et la seconde sur la violence et la discrimination à caractère sexiste dans le secteur de la santé rwandais. La première affiche a mis en avant le fardeau enduré par les femmes et les jeunes filles au Lesotho dû à la ségrégation sexospécifique qui touchent les services de soins du VIH/SIDA. En effet, les stéréotypes concernant les traits de caractère habituellement attribués aux hommes et aux femmes et les croyances relatives à leur statut ont cloisonné les femmes dans la prestation volontaire de soins du VIH/SIDA, tout en tenant les hommes à l’écart de celle-ci. La présentation a ainsi souligné que le fait d’engager les hommes dans ce type de démarche était faisable par l’octroi de mesures incitatives associées à un dispositif de formation et de soutien, tout en insistant sur la nécessité de mettre sur pied des programmes venant en aide aux femmes confrontées à une charge de soins disproportionnée.

La seconde affiche a servi à présenter les résultats d’une étude conduite en 2007 par IntraHealth, par l’intermédiaire du Capacity Project au Rwanda, qui visait à déterminer la nature, la prévalence, les causes et les conséquences de la violence sur les prestataires de santé sur leur lieu de travail. Cette étude a ainsi démontré que 39% des agents sanitaires issus d’un échantillon représentatif du Rwanda avaient fait l’expérience de ce type de violence au cours de l’année précédente. Les stéréotypes négatifs, le harcèlement sexuel, la discrimination liée à la maternité et aux responsabilités familiales, ainsi que le plafonnement des femmes au niveau hiérarchique ont affecté un certain nombre de prestataires féminins au cours de leur carrière. On constate que les expériences ont varié en fonction du niveau d’absentéisme et aussi pour des questions de santé. En outre, la perception de la discrimination à caractère sexiste est liée aux risques accrus de faire l’expérience de la violence sur le lieu de travail. Les stéréotypes négatifs dont sont victimes les femmes semblent, par ailleurs, justifier la violence. La violence et la discrimination doivent donc être abordées simultanément.

Pour en savoir plus sur le travail effectué par IntraHealth en termes d’égalité entre les femmes et les hommes, veuillez cliquer ici (lien en anglais).

*Services de santé à l’intention des survivantes de violence à caractère sexiste au Rwanda