Au Sénégal, la mission de la récipiendaire du Pfizer Global Health Fellow touche à sa fin
« Je me remets progressivement dans le bain mais ce n’est pas facile, » admet Isabelle Bertrand, au terme de sa mission de six mois auprès d’IntraHealth. « Le Sénégal me manque énormément. »
Isabelle a été sélectionnée par IntraHealth pour travailler au Sénégal au sein de l’équipe Mobilize Against Malaria, un projet de lutte antipaludique financé par Pfizer. Cette mission a été rendue possible par le biais d’une autre initiative prestigieuse du groupe pharmaceutique : le Global Health Fellows (GHF). Ce programme compétitif à travers lequel Pfizer apporte son soutien à des employés au cours de missions financées intégralement permet à ceux-ci de contribuer à l’amélioration de la santé dans les pays en voie de développement par des affectations volontaires d’une durée comprise entre trois et six mois.
Le projet Mobilize Against Malaria, une initiative quinquennale menée à travers trois pays et dirigée par IntraHealth au Sénégal, a pour but d’accroître le nombre d’individus cherchant à recevoir des antipaludiques.
« Le fait de travailler avec des personnes issues des milieux ruraux au Sénégal et de faire partie de l’équipe d’IntraHealth a été un grand motif de satisfaction, » souligne Isabelle qui était basée à Tambacounda. « J’ai trouvé les gens extrêmement accueillants et chaleureux (…) J’ai beaucoup appris à leur contact et j’ai aussi fait de mon mieux pour leur venir en aide. »
Isabelle affirme qu’elle a réussi à atteindre son but, à savoir recourir aux connaissances et aux compétences qu’elle avait acquises à Pfizer pour avoir un impact positif au Sénégal. De manière plus spécifique, elle souhaitait contribuer à la lutte antipaludique au maximum de ses possibilités au sein d’IntraHealth ; l’organisation collaborant avec le Ministère sénégalais de la Santé et Pfizer pour mettre en œuvre un programme de prévention et de traitement du paludisme au niveau communautaire dans la région de Tambacounda.
Avec l’aide d’interprètes locaux, Isabelle a travaillé avec les coordinateurs du projet afin de mener des formations initiales et des sessions de suivi sur la prévention et le traitement du paludisme. Dans son blog pour Pfizer, régulièrement mis à jour durant sa mission, Isabelle décrit son cahier des charges en le mettant en contexte. Elle se penche, en premier lieu, sur la très faible densité de population de Tambacounda qui est d’environ 11 habitants au kilomètre carré. « Ce vaste dispersement de la population et le manque voire la pénurie de moyens de transport et de routes font que l’accès aux soins de santé est souvent limité et laborieux, » écrit-elle, ajoutant qu’il n’est pas rare que des personnes meurent sur le chemin menant au centre de soins ou à l’hôpital.
C’est pour cela, explique-t-elle, que le projet rend le traitement antipaludique disponible au niveau communautaire par l’intermédiaire de 24 cases de santé nouvellement établies et gérées par des relais communautaires formant des comités sanitaires. Isabelle a travaillé avec l’équipe d’IntraHealth dans le but de former ces volontaires, au sein des comités, à leur rôle et à leurs responsabilités, à savoir la gestion des activités menées par les cases de santé, la comptabilisation des recettes et des dépenses, l’aide à la planification des futures activités et dépenses des cases de santé et une communication accrue avec les villages locaux.
A ce jour, le projet a permis de former 72 membres de comités sanitaires et 96 volontaires au cœur des villages en termes de prévention contre le paludisme, de techniques de communication et de production de matériel éducatif. Les cases de santé sont maintenant approvisionnées avec un stock initial d’antipaludiques et des outils de suivi ont par ailleurs été développés. Ces 24 cases de santé dispensent par ailleurs des soins de santé à une population de plus de 35 000 individus.
La barrière de la langue a été le plus gros obstacle auquel Isabelle a été confronté dans la mesure où très peu de personnes parlaient français. Ainsi, elle a concentré ses efforts sur ce qu’elle savait bien faire, à savoir la rédaction de rapports, la traduction de documents de l’anglais vers le français et la saisie d’informations dans la base de données utilisée pour le suivi du programme.
La population et la culture de la région de Tambacounda ont aussi été riches en enseignements pour Isabelle. « Même s’il est vrai que voyager dans les zones rurales du Sénégal peut se révéler dramatique, c’est aussi quelque chose de très instructif. » Et de décrire les villages dans lesquels elle a travaillé : « Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante (…) et les poulets les moutons, les chevaux et les ânes couraient librement entre les cases.
« Il n’y avait pas de routes. Seulement des chemins étroits qui, durant la saison des pluies, devenaient très boueux et de ce fait inaccessibles. Bien entendu, aucun des villageois ne possédait de voiture. Les seuls moyens de transport à disposition étaient les attelages tirés par des ânes ou des chevaux. » En outre, Isabelle explique que le niveau d’éducation était généralement bas et que les personnes dont elle a fait la connaissance travaillaient dur à un très jeune âge. Toutefois, ajoute-t-elle, en dépit des ressources et des moyens très limités, « la population était enthousiaste et souriante et savait faire preuve d’une grande générosité (…) Cela m’a rappelé que l’argent ne fait pas forcément le bonheur. »
Isabelle est maintenant de retour au Royaume Uni où elle a repris son rôle de spécialiste des affaires réglementaires chez Pfizer.




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